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29 Oct 2016

Harry Potter le re-read : l’Ordre du Phénix et le Prince de Sang-Mêlé

La relecture des tomes 5 et 6 d’Harry Potter a apporté son lot de surprises. La relecture des précédents tomes n’avait pas changé mon avis : ce qui m’avait plu à l’époque me plaît toujours et ce qui m’avait déplu me deplaît encore. Or, relire l’Ordre du Phénix et le Prince de Sang-Mêlé a changé l’opinion que je portais sur ces deux livres.  

Harry Potter et l’Ordre du Phénix : un tome pour rien ?

Lors de ma première lecture, j’avais trouvé l’intrigue avec Umbridge et le début du tome 5 long et bancal. Cette fois-ci, j’ai non seulement trouvé cela excessivement long mais surtout peu crédible. Il est assez étonnant que la mort de Cédric Diggory ne suscite aucune réaction ou presque : personne ne cherche à savoir comment il est décédé et la vie reprend son cours comme si de rien n’était. Pire, on refuse de croire que Voldemort est de retour. Certes, cela donne à J.K Rowling un ressort narratif intéressant : Harry est isolé et le ministère surveille Dumbledore mais il est invraisemblable que personne ne croit Dumbledore, le sorcier le plus puissant et l’autorité morale la plus élevée du monde de la magie.

Umbridge

La « méchante » du tome 5…

Alors que le tome 4 avait créé une superbe dynamique et que le combat entre Voldemort et Harry allait enfin commencer, le tome 5 nous offre une professeure tyrannique (sans relief et caricaturale) qui martyrise ses élèves et la dynamique des précédents tomes est rompue, comme si J.K Rowling craignait d’être allée trop vite. La deuxième partie du livre (lorsque Harry commence à partager les pensées de Voldemort) est plus intéressante mais de nombreux chapitres sont longs ou sans intérêt (surtout celui concernant Grawp, le frère géant d’Hagrid). On a beaucoup de mal à s’attacher à Harry, qui, en pleine crise d’adolescence, est insupportable (mais peut-être est-ce moi qui ait vieilli). La romance avec Cho Chang ne suscite aucune émotion ou presque tant leur relation est étrange, peu crédible et pose de sérieuses questions psychanalytiques (Harry sort quand même avec l’ex-petite amie de Cédric, qu’il a vu mourir sous ses yeux)

Mais la plus grande faiblesse du livre réside dans l’absence d’intrigue de long cours : il y a aucun mystère, ni énigme à résoudre, contrairement aux tomes précédents. Le principal élément de suspense est de découvrir ce que renferme la salle qu’Harry voit en rêve. Et la prophétie révélée est bien décevante…

Harry Potter 2

Badass Harry

Heureusement, la fin du tome est sauvé par le talent de J.K Rowling. Le chapitre The only one he ever feared est l’un des meilleurs de la saga et on retrouve enfin le souffle épique de la saga. Au final, on a donc un livre qui traîne en longueur, sans événement notable ou presque (Sirius meurt et c’est à peu près tout) alors que le livre est un immense pavé. La première lecture ne m’avait pas donné ce sentiment, je pense que, comme tout lecteur, les éléments divertissants et le suspense instauré faisaient oublier toutes les faiblesses du livre.

Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé : le meilleur tome de la saga ?

Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé débute là où le tome 5 aurait dû débuter : la lutte contre Voldemort commence enfin.

Disons le tout de suite, je pense que le tome 6 est le plus abouti de tous et la relecture a été un vrai plaisir. Enfin J.K Rowling fait des chapitres plus condensés, sans longueur ou presque et elle renoue avec les multiples intrigues savamment construites : l’identité du Half-Blood Prince, les tentatives de meurtre, les suspicions sur Malefoy, le passé de Voldemort, la chasse aux Horcruxes et la relation Harry/Slughorn… L’ensemble est parfois un peu trop lisse, sans événements marquants et le final, superbe, a tendance à écraser le reste du livre (d’ailleurs, je me rappelais assez mal de ce tome, puisque l’assassinat de Dumbledore par Snape marque tant les esprits qu’on oublie le reste). L’ambiance rendue est également intéressante : il règne tout au long du livre une atmosphère sombre et mélancolique. La douleur d’Hermione, blessée par ce gros lourdaud de Ron, est bien rendue (on se demande encore ce qu’elle peut bien lui trouver mais bon…).

Snape 2

Le véritable héros de la saga

La relecture du tome 6 m’a donc permis d’en apprécier toutes les qualités et lui donne une profondeur qu’on ne remarque pas forcément à la première lecture.  Le travail d’écriture très abouti de J.K Rowling est également très agréable. Peut-être aussi savais-je qu’il fallait profiter de ce tome avant la grosse déconvenue du 7… 

Au final, j’ai tendance à préférer les tomes 3 et 4 car ils transmettent plus d’émotions et forment une excellente dynamique, au cœur de la saga Harry Potter mais sur le plan littéraire, le tome 6 est le meilleur, le plus équilibré et le mieux construit.

Avec ce tome 6, on pouvait légitimement s’attendre à un tome 7 mémorable. Pourtant, c’est l’inverse qui se produit puisqu’en guise de tome 7, J.K Rowling nous livre un immense ratage, une grande déception et surtout une incompréhension.

05 Oct 2016

Autoédition : fin de l’histoire ?

En 1992, Francis Fukuyama publia La Fin de l’Histoire et le dernier homme. Dans cet essai au retentissement mondial, Fukuyama affirmait que la fin de la Guerre Froide signifiait la fin des idéologies : le capitalisme et la démocratie avaient triomphé et étaient désormais acceptés par tous. On peut être d’accord ou pas avec cette théorie et l’objectif de cet article n’est pas de débattre des thèses de Fukuyama. Si j’en parle, c’est parce que je me suis récemment interrogé si nous n’assistions pas à un phénomène similaire avec l’autoédition, une fin de l’histoire.

End

Photo de Hitchster (CC-BY)

L’autoédition s’est indéniablement développée ces dernières années. Lorsque j’ai commencé à m’y intéresser, en 2012, l’autoédition en était à ses balbutiements en France. Aujourd’hui, les médias généralistes évoquent régulièrement l’autoédition, de nombreux success stories ont vu le jour et des start-ups proposent des services aux auteurs. Dès lors, peut-il y avoir d’autres perspectives pour l’autoédition ? N’a-t-elle pas atteint un stade ultime, sa « fin de l’histoire » ? Bien sûr, l’autoédition peut encore se développer : accroissement des ventes, hausse du nombre d’auteurs ayant recours à l’autoédition… Mais peut-on s’attendre à de nouvelles perspectives, d’autres mutations ? Je n’en suis pas sûr et examinons dans quelle mesure l’autoédition pourrait significativement bousculer le paysage littéraire et l’industrie du livre.

L’autoédition peut-elle remplacer les maisons d’édition traditionnelles et révolutionner en profondeur l’industrie du livre ?

Je ne pense pas. Seules les petites maisons d’édition ou celles de taille moyenne peuvent être menacées par l’autoédition. Certains auteurs, qui auraient été tentés de faire appel à leurs services, peuvent finalement choisir l’autoédition et elles peuvent être concurrencées par de nouveaux entrants comme des maisons d’édition 100% numérique (et je ne suis pas certain que leur business model soit viable). En revanche, les Gallimard, Flammarion et Grasset peuvent dormir sur leurs deux oreilles, leur démarche et leur lectorat sont peu compatibles avec ceux de l’autoédition. Par ailleurs, on se réjouit du fait que certaines maisons d’édition, comme Michel Lafon, repèrent des auteurs autoédités et leur proposent un contrat. Certes, c’est une forme de reconnaissance pour les auteurs indépendants mais ce mode de fonctionnement condamne l’autoédition à demeurer un vivier, une sorte de « sous-édition ».

L’image de l’autoédition peut-elle changer auprès du grand public ?

Conséquence du constat dressé précédemment, l’image de l’autoédition a certes évolué favorablement par rapport à ses débuts mais je pense qu’en France, l’autoédition aura toujours une mauvaise image. L’article que j’ai écrit il y a quelques années Pourquoi l’autoédition ne décolle pas en France ? reste vrai dans le sens où culturellement, les Français n’ont pas le même rapport à la littérature et aux écrivains que les États-Unis, le Royaume-Uni ou même l’Allemagne. Cela changera peut-être, mais pas avant une vingtaine voire une trentaine d’années.

Pray

Photo de Marc Brüneke (CC-BY)

L’autoédition peut-elle remettre en cause le système actuel des prix littéraires ?

Probablement pas. Les prix Goncourt, Renaudot etc. continueront d’avoir leur renommée actuelle et leur existence est conditionnée à celle des maisons d’édition comme Gallimard et Flammarion. En revanche, peut-être que des prix littéraires, reconnus et sérieux, consacrés aux livres autoédités verront le jour. Amazon a lancé plusieurs prix qui ont connu du succès et ils contribueront peut-être à rendre l’autoédition visible. Mais est-ce que cela sera suffisant ? J’en doute. Et il y a fort à craindre qu’un tel prix soit considéré comme un « sous-prix », bien loin des Goncourt et autres.

L’autoédition peut-elle permettre à plus d’auteurs de vivre de leur plume ?

Il est indéniable qu’à nombre d’exemplaires vendus équivalents, l’autoédition offre une meilleure source de revenus par rapport à l’édition traditionnelle (même si généralement, un auteur indépendant doit  débourser une somme d’argent pour la couverture de son livre etc.). Mais l’enjeu n’est pas vraiment là. Même en étant autoédité, il faut vendre énormément de livres pour pouvoir gagner sa vie. A ce jour et à ma connaissance, aucun des auteurs indépendants en France, même ceux qui vendent beaucoup, vivent de leur plume. Sera-ce le cas à l’avenir ? Pas sûr non plus. Le marché des livres autoédités va encore s’accroître mais suffisamment pour que des dizaines voire des centaines d’auteurs en vivent ? Je ne pense pas.

Au final, j’imagine un avenir dans lequel l’autoédition continuera à se développer mais restera semblable à sa forme actuelle, sans apporter de révolution substantielle. Une « fin de l’Histoire » peut sembler exagérée aujourd’hui mais sans mutation profonde, celle-ci sera proche dans quelques années.

03 Sep 2016

Tenir

Ces derniers mois, j’ai manqué de temps pour rédiger des articles pour le blog et pour avancer sur mes projets d’écriture. Je songeais avec envie au moment où je pourrais m’asseoir devant mon ordinateur.

Essoufflement

Cependant, j’ai également ressenti un puissant sentiment de découragement. Cela n’était pas la première fois que cela m’arrivait mais cette fois-ci, j’avais la sensation d’être arrivé à la fin d’un cycle, que je m’essoufflais… Contrairement à de précédentes périodes de démotivation, ces semaines me paraissaient longues et plus inquiétant, même si j’avais envie d’écrire, je manquais d’inspiration, je doutais et je me répétais : « A quoi bon ? ».

A ma plus grande honte, je n’ai rien publié depuis quatre ans. J’ai cependant écrit des centaines de pages sur des projets différents, que j’ai délaissés essentiellement par manque de temps (non pas pour écrire, mais pour m’investir complètement, trouver un rythme régulier).

Combien d’auteurs autoédités ont abandonné, vaincus par les ventes au compte-goutte, l’indifférence totale des internautes et lecteurs ? [...] une armée.

Running

Photo de Stephanos Papachristou (CC-BY-NC)

Persévérer malgré les échecs et le temps qui passe

Pour entretenir sa motivation, l’auteur a besoin, entre autres, de récompenses qui peuvent être bien sûr des ventes mais aussi des commentaires clients élogieux ou des échanges fructueux avec des lecteurs ou des pairs. Cela est valable pour n’importe quelle activité ou projet dans lequel on s’investit : on a besoin de tirer profit de l’activité exercée et de progresser pour renouveler sa motivation. Or, l’activité d’écriture est ingrate. Combien d’auteurs autoédités ont abandonné, vaincus par les ventes au compte-goutte, l’indifférence totale des internautes et lecteurs ? Soyons francs : ils sont une armée.

Et même parmi ceux qui ont rencontré du succès, auront-ils la motivation suffisante pour écrire de nouveaux livres ? Auront-ils le même succès ? Pendant combien de temps ? On peut avoir du succès un temps (quelques années voire dix ans) pour sombrer finalement peu à peu dans l’oubli et l’indifférence… Ces questions sont applicables aux auteurs édités de manière traditionnelle et à beaucoup d’artistes qui connaissent des parcours chaotiques. Les efforts à fournir sont importants, il faut travailler des heures et des heures pour un résultat incertain, le plus souvent nul (oui, comme si on avait travaillé pour rien). Comme je le précisais dans mon précédent article Peut-on prédire le succès littéraire ?, le hasard conditionne le succès.

Consolation

Photo de Kirk Olson (CC-BY)

Tenir est un succès en soi

L’idée que personne ne me lit et que je perds mon temps me taraude. Je me console en me répétant que j’écris au moins pour moi et que cela me permet de progresser et d’enrichir mon expérience. Cela n’est pas toujours suffisant pour trouver la motivation. J’ai bien conscience d’être le seul fautif puisque je n’ai rien publié de nouveau depuis quatre ans. Me voici donc pris dans un cercle vicieux…

L’idée que personne ne me lit et que je perds mon temps me taraude.

Cela me tourmente d’autant plus que les « tentations » sont nombreuses. Il est difficile de dégager du temps pour écrire et il est facile d’occuper autrement son temps libre. Au final, je crains de glisser peu à peu vers d’autres activités, de voir mon temps libre se réduire et finalement ne plus avoir l’énergie pour écrire.

Le seul et unique enjeu est celui-ci : tenir. Que l’on soit auteur publiant son premier roman, auteur à succès devant publier un nouveau titre, aspirant auteur… Il faut conserver sa motivation sur le long terme, le très long terme : des années voire des dizaines d’années. Il faut persévérer, réussir tout au long des années à maintenir sa motivation. Remplir les objectifs que l’on s’est fixés est louable et doit être une source de fierté. Tenir est déjà un succès en soi. 

20 Aug 2016

La meilleure série TV de tous les temps est…

The Wire.

J’ai découvert cette série grâce aux excellentes critiques et bouche-à-oreille dont elle a bénéficié. Intrigué, j’ai décidé de me lancer. Je ne suis pas un spectateur assidu de séries télévisées mais je peux vous garantir que The Wire est largement supérieur à la plupart des séries existantes (même Breaking Bad, qui est une excellente série, ne parvient pas selon moi à dépasser The Wire).

The Wire se déroule à Baltimore, aux États-Unis, dans les années 2000 (la série a été diffusée sur HBO de 2002 à 2008) et relate les enquêtes policières menées pour enrayer la criminalité endémique de la ville, générée par la guerre des gangs et le trafic de drogue. Mais à mesure que la série progresse, on suit non seulement la police, les trafiquants mais également de nombreux protagonistes comme les politiciens, les dockers et journalistes… Les scénaristes dressent un portrait de Baltimore et mettent en exergue l’interaction des principaux acteurs de la ville et comment ils interagissent entre eux, de manière directe ou indirecte, bien que venant d’univers fort différents.

Jimmy-mcnulty

Jimmy McNulty, un des personnages principaux de la série, interprété par Dominic West

Je ferai court car je pourrais écrire beaucoup sur cette série mais sachez simplement qu’elle réunit tous les ingrédients d’une grande histoire, qui vous marque et que vous n’oubliez pas. L’intrigue est très dense, ultra-réaliste et pourtant extrêmement spectaculaire, avec de multiples arcs narratifs qui s’entremêlent très habilement (Game of Thrones est largement battu). Les personnages sont tous très intéressants, attachants chacun à leur manière, absolument pas manichéens (on se surprend même à trouver certains trafiquants de drogue plus justes et moraux que des politiciens et journalistes). 

Stringer Bell

Stringer Bell, interprété par Idriss Elba

Alors oui, il faut s’accrocher au début, le temps de bien se familiariser avec les personnages mais une fois plongé dans la série, vous pourrez difficilement vous arrêter. The Wire possède également un léger côté rétro et offre un superbe témoignage de l’Amérique des années 2000. De manière surprenante, j’ai eu des accès de nostalgie en regardant plusieurs épisodes (preuve que je commence à me faire vieux). Surtout, je me suis souvent fait la réflexion que réaliser aujourd’hui une série comme The Wire serait impossible. Je pense que le format, la densité de l’intrigue et sa longueur feraient fuir les producteurs et téléspectateurs. A l’époque de sa diffusion, la série a été certes un succès critique mais un succès commercial mitigé. Mais bon, il est permis d’espérer et peut-être qu’un digne successeur de The Wire verra le jour prochainement…

When you walk through the garden, you gotta watch your back…

27 Jul 2016

Harry Potter, le re-read : Azkaban et le Triwizard Tournament

Ah, Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban et Harry Potter et la Coupe de feu… C’est comme L’Empire contre-attaque dans Star Wars, A Storm of Swords dans Game of Thrones, Le Retour du Roi du Seigneur des Anneaux… Bref, vous m’avez compris, c’est la crème de la crème, le cœur du réacteur.

Moody

Brendan Gleeson interprétant Moody Mad-Eye

J.K Rowling nous avait laissé des histoires plaisantes, courtes, aux fins très rythmées mais longues à démarrer. Le tome 3 est en ce sens dans la lignée des deux tomes précédents avec une différence notable : la qualité de la structure narrative. L’intrigue démarre très vite et contrairement aux deux premiers tomes, on ne s’ennuie pas. Bien que denses et riches, les chapitres se suivent avec fluidité. J.K Rowling nous gratifie d’un superbe dénouement dans une atmosphère onirique (loups-garous et animagus, hippogriffe qui s’en va dans la nuit, voyage dans le temps avec échéance à la Cendrillon…) assez proche des contes et légendes d’antan. Le livre est plus sombre que les précédents tomes, emprunt de tristesse et de nostalgie, où Harry découvre la vérité sur la mort de ses parents et comment ils ont été trahis. On en apprend davantage sur les principaux protagonistes (Dumbledore, Snape, Lupin, Sirius) qui se voient confrontés à leur passé.

Harry_Potter_and_the_Prisoner_of_Azkaban

La couverture du tome 3 (ma préférée)

Le tome 4 offre un tout autre visage et marque une rupture dans la saga. Tout d’abord la longueur : le tome 4 est aussi long que les trois précédents tomes réunis. J.K Rowling retombe d’ailleurs dans ses défauts : le début est long et pénible à lire et certains chapitres sont inutiles. Il serait très intéressant de savoir dans quelle mesure l’éditeur a pu intervenir dans la construction du livre. Je pense que celui-ci a été contraint de donner carte blanche à J.K Rowling, intouchable et auréolée du succès planétaire de ses livres (de la même manière que G.R.R. Martin a fait ce qu’il a voulu à partir du tome 4 de Game of Thrones). Mais si on s’ennuie parfois et que la structure narrative est un peu bancale par moments, J.K Rowling transforme la saga en la faisant basculer dans une autre dimension.

Harry_Potter_and_the_Goblet_of_Fire

C’est sur ce point que le tome 4 est le plus intéressant et qu’il est à mon sens le plus réussi de la série. L’ambition et le souffle donnés à l’intrigue rendent la saga épique et universelle, non plus réservée aux seuls enfants et adolescents. Les deux fils conducteurs du tome 4 : le tournoi des champions (une brillante idée) et le retour de Voldemort (dont les tirades ont des accents shakespeariens) permettent de tenir le lecteur en haleine et d’offrir un dénouement surprenant, tragique et magistral. Harry subit les événements et demeure impuissant. Les épreuves qu’il traverse, et au cours desquelles il risque sa vie, constituent un point de bascule irréversible, marquant son passage à l’âge adulte. Et s’il est très maladroit (comme toujours) et pas très futé (heureusement qu’Hermione est là), on se prend d’empathie pour lui, notamment lorsqu’il est torturé par Voldemort et qu’il parvient à s’échapper in extremis, transportant le corps de Cédric, qu’il a vu mourir sous ses yeux, en partie par sa faute.

Dans les tomes 3 et 4, J.K Rowling parvient à rendre son univers plus construit et plus structuré, moins manichéen. Elle introduit également des personnages charismatiques et importants : Lupin, Moody, Sirius, Wormtail… et elle rend Snape encore plus subtil et intéressant à suivre (preuve de l’essoufflement de la saga, parmi les personnages nouveaux, seule Bellatrix sera digne d’intérêt dans les tomes suivants). Les intrigues et le fil narratif des tomes 5, 6 et 7 découlent directement des tomes 3 et 4, les tomes 1 et 2 faisant office d’introduction. 

Sirius-Black

Gary Oldman, interprétant Sirius Black

Et puis, une autre raison pour laquelle le tome 4 demeure mon préféré sont les chapitres The Unexpected Task et le Yule Ball. La naissance de la tension amoureuse entre Ron et Hermione et les maladresses d’Harry et de Ron pour inviter les filles sont très bien rendues, évoquant forcément des souvenirs à chaque lecteur de sa propre adolescence.

J’ai relu ces deux tomes avec un très grand plaisir. Certes, en les relisant, on s’aperçoit de quelques erreurs, de plot holes regrettables et tout n’est pas parfait mais j’ai refermé le tome 4 impressionné et enchanté, comme je l’avais été il y a une dizaine d’années, en songeant : « Good job J.K… Good job ».

14 Jul 2016

Peut-on prédire le succès littéraire ?

La réponse à la question « peut-on prédire le succès littéraire ? » peut sembler évidente : non. Combien de livres ont connu des succès tout à fait inattendus ? Des centaines. En caricaturant, on pourrait dire que le succès est toujours une surprise. Les grands best-sellers mondiaux des quinze dernières années (Da Vinci Code, Harry Potter, 50 nuances de Grey…) ont surpris tout le monde : éditeurs, journalistes, lecteurs lambda (comme vous et moi). On peut évidemment trouver des raisons à ces succès (mais a posteriori seulement) et l’effet « boule de neige » a tendance à tout écraser : passé un certain seuil de ventes, un livre se vendra tout seul et raflera la mise aux dépends des autres qui disparaîtront des radars (songez aux livres de Ken Follett et Marc Lévy que vous avez lus par sécurité, recherchant une valeur sûre, aux dépens de ceux écrits par des auteurs moins connus mais peut-être meilleurs). Le succès littéraire est donc si imprévisible que cela ?

L’éditeur : prédire les succès à venir

Si le succès littéraire semble difficilement prévisible, rappelons d’abord que c’est le métier de l’éditeur (d’où sans doute, la difficulté dudit métier). Un éditeur, en lisant un manuscrit, doit évaluer si celui-ci a des chances de succès. Prenons le mot succès dans un sens large (nombre de ventes, reconnaissance…) et oublions les gros best-sellers : un éditeur peut par exemple publier un premier roman en espérant en vendre deux ou trois mille exemplaires (un chiffre très impressionnant pour l’édition traditionnelle) ou décrocher un prix littéraire.

Sur la base de critères précis, un éditeur estime si un manuscrit peut rencontrer du succès

Sur la base de critères précis (l’originalité de l’histoire, son traitement, le style…), un éditeur estime si un manuscrit est bon et s’il peut rencontrer du succès. C’est évidemment un pari, on ne peut jamais être sûr. Cette vision suppose également que la qualité du livre est garante du succès. Or, beaucoup diront que des livres comme 50 nuances de Grey sont de très mauvaise facture. Je pense qu’en réalité, tous les livres publiés sont de bonne qualité : ils sont passés par de multiples filtres et l’éditeur a décidé de parier sur ces ouvrages car ils peuvent rencontrer du succès auprès de différents publics (plus ou moins larges, certes). Dans leur genre, Guillaume Musso et Marc Lévy sont les meilleurs et leurs livres sont de grande qualité. Si un auteur ayant du succès publie un nouveau livre, inutile de dire que celui-ci se vendra, beaucoup de lecteurs l’achèteront les yeux fermés.

Inspiration

Photo de Erik Schepers (CC-BY-NC)

La qualité pour atteindre le succès

Un auteur qui entame la rédaction d’un manuscrit a pour ambition d’être lu par le plus grand monde. Il ne cherche pas nécessairement à écrire un best-seller de manière artificielle mais son objectif est de raconter une histoire de qualité, originale, avec un style propre et il souhaite transmettre son identité unique d’auteur (et si ce n’est pas le cas, il vaut mieux ne pas écrire). L’auteur, s’il ne s’attache pas littéralement à « prédire » le succès de son livre, s’emploie tout de même à travailler les points forts de son texte pour que celui-ci soit suffisamment bon pour atteindre le succès.

Mais une fois qu’un livre est publié (et qu’il est donc de qualité), il est difficile de prédire son devenir (j’ai d’ailleurs hésité à intituler cet article « La qualité est-elle garante de succès ? »). Beaucoup de facteurs comme le marketing, la visibilité, l’actualité et la concurrence du moment décideront du destin du livre, sans compter sur les commentaires Amazon, les critiques des bloggeurs… Bref, outre la qualité du livre, il n’existe qu’un seul et unique critère de succès : le hasard. Par un savant et inconnu mélange de circonstances, un ouvrage sortira du lot et sera remarqué par les lecteurs.

Outre la qualité du livre, il n’existe qu’un seul et unique critère de succès : le hasard

Et les livres autoédités ? Ils sont logés à la même enseigne sauf qu’ils ont un handicap de taille : être autoédité précisément. Entre deux livres de prime abord semblables, l’un étant autoédité, l’autre non, un lecteur choisira le livre édité par une maison d’édition, qui est une très bonne garantie de qualité. Le facteur chance est donc encore plus important pour les autoédités (en plus, certaines personnes ne lisent jamais de livres autoédités).

Hope (2)

Photo de Darren Tunnicliff (CC-BY-NC-ND)

Un espoir à défaut d’être une garantie

Cette perspective peut paraître à la fois déprimante et enthousiasmante pour les auteurs. Déprimante car il est décourageant de remettre des mois voire des années de travail entre les mains de la chance. Enthousiasmante car cela signifie que tout est possible. Travailler son texte pour proposer aux lecteurs un livre de la meilleure qualité possible est indéniablement un atout majeur pour rencontrer le succès. Ce n’est évidemment pas une garantie mais en mettant toutes les chances de son côté et en proposant livre après livre des histoires originales et différentes, un auteur emprunte la route qui mène au succès. Et il n’aura aucun regret à nourrir.

22 May 2016

Quelques nouvelles

Comme vous avez pu le constater, je n’ai pas publié d’articles depuis plusieurs semaines. En effet, je suis ces derniers temps très occupé à préparer mon futur déménagement et les travaux à réaliser.

Rassurez-vous, mon absence est temporaire et je reprendrai la publication d’articles sur le blog aussi vite que possible.

A bientôt !

Thibault

Out of office

Photo de Victor Bezrukov (CC-BY-NC)

27 Apr 2016

Peut-on apprendre à écrire ?

Je me pose souvent cette question. Plus exactement, je me demande s’il est possible d’apprendre à bien écrire, voire même, pourquoi pas, écrire comme Proust ou Zola.

Depuis quelque temps et peut-être à cause de l’essor de l’autoédition, j’ai le sentiment que le nombre des ateliers d’écriture et des sites Internet spécialisés en coaching littéraire se sont multipliés. Sont-ils efficaces ? Je n’en sais rien, je n’ai jamais fait appel à leurs services. Je ne doute pas qu’il soit possible pour un écrivain d’améliorer sa plume, aussi bien sur le plan de la maîtrise de la langue que sur celui de la construction de l’intrigue et de la crédibilité des personnages. Il est évident que chaque auteur peut s’améliorer et qu’il existe des techniques d’écriture qui rendent le style meilleur et l’histoire plus convaincante.

Skill

Photo de Chelsea Grainger (CC-BY-NC-ND)

Apprentissage et talent

Penser qu’un écrivain est naturellement doué et n’a pas besoin de travailler sa plume est une erreur. On a bien évidemment en tête l’auteur qui, ne trouvant pas l’inspiration, est soudainement appelé par sa Muse et écrit un chef-d’œuvre en quelques jours. Hormis quelques rares exceptions où des livres ont été écrits d’une seule traite, cette vision de l’écriture relève de l’image d’Épinal. Bien sûr, il existe des écrivains plus doués que d’autres. Mais même les génies ont besoin d’exercer leur plume, d’apprendre et de s’améliorer.

L’auteur qui, ne trouvant pas l’inspiration, est soudainement appelé par sa Muse et écrit un chef-d’œuvre en quelques jours [...] relève de l’image d’Épinal.

Écrire un livre demande de très bien maîtriser la langue française (et pas seulement l’orthographe, mais aussi toutes les règles de grammaire, de ponctuation, conjugaison…), de savoir donner vie à des personnages et de relater une histoire. Il est incontestable que sur chacun de ces sujets, tout auteur a beaucoup à apprendre. D’ailleurs, lorsqu’on dit écriture, il s’agit d’un abus de langage car il s’agit aussi bien d’écriture que de relecture et réécriture, cette phase cruciale, longue et chronophage, durant laquelle le livre est parfois profondément remanié et ne ressemble plus à sa version initiale. Ce n’est pas pour rien que les éditeurs traditionnels effectuent un important travail de correction et d’amélioration du manuscrit, quitte à demander à l’auteur (aussi célèbre et doué qu’il soit), de réécrire des chapitres entiers et de modifier son intrigue.

Writing

Photo de Liam Kearney (CC-BY-NC-ND)

La technique et le souffle

Cependant, à force technique, travail de correction et de construction, l’écriture risque de perdre une forme de spontanéité et d’authenticité qui nuirait à la qualité de l’œuvre. Prenons deux exemples. Un grand nombre de best-sellers et de romans feel good ont des structures narratives similaires, des personnages formatés, un vocabulaire simple. Dans une certaine mesure, on peut fabriquer des best-sellers, on peut utiliser des recettes qui assurent au livre un certain succès (et nul mal à cela, à chaque auteur son ambition). A l’inverse, considérons la poésie, summum de la littérature en tant qu’art. Certains poèmes seront très beaux, parfaitement construits, mais ils n’éveilleront rien en nous. Ils demeureront creux, pareils à de beaux objets inanimés qui nous laissent de marbre.

Améliorer son écriture est possible mais ce n’est pas suffisant pour écrire un chef-d’œuvre ou toucher le lecteur

On peut donc apprendre à bien écrire et le devoir de l’écrivain est d’écrire du mieux qu’il peut. Mais ce qui est importe véritablement, c’est le message qu’il délivre au monde et la manière qu’il emploie pour le dire. Améliorer son écriture est possible mais ce n’est pas suffisant pour écrire un chef-d’œuvre ou toucher le lecteur. L’auteur acquiert la reconnaissance des lecteurs et des critiques grâce à sa vision, sa sensibilité et son originalité, soient autant de qualités qui ne peuvent pas s’apprendre. L’écriture, aussi belle et puissante soit-elle, demeure un instrument à la disposition de l’écrivain pour communiquer avec les lecteurs.

19 Apr 2016

Harry Potter, le re-read – Partie 1

Il y a quelques semaines, un de mes meilleurs amis me proposa une relecture de toute la saga Harry Potter. C’est ce même ami qui me conseilla la lecture des livres de J.K Rowling, il y a de cela… plus de dix ans ! Nous étions au mois de juillet 2005 (souvenez-vous, Jacques Chirac était président, 24 était la série à la mode, les iPhones n’existaient pas…), entre la première et seconde année de classe prépa et le tome 6, Harry Potter and the Half-Blood Prince, venait de paraître. Je n’avais même pas vingt ans (shit!).

Harry Potter and I

Au départ, j’étais assez sceptique. Harry Potter était pour moi une saga pour enfants et du haut de mes dix-neuf ans de l’époque, l’idée de lire des livres pour enfants ne m’enchantait guère, je n’y songeais même pas. Je n’avais d’ailleurs vu aucun des films tirés des romans. Mais mon ami insista sur la qualité de la saga, son univers, ses personnages et sa puissance d’entertainment. Il était un fan de Star Wars comme moi (d’ailleurs, back in the days, l’épisode III, La revanche des Siths était sorti quelques mois plus tôt, si on m’avait dit à l’époque que dix ans après, Hollywood remettrait le couvert…), je pouvais lui faire confiance. J’acceptai. Et puis, après tout, il devait bien avoir une raison au succès planétaire de ces livres. Je me disais aussi que le premier tome devait se livre rapidement, nous étions en été, période propice à la lecture et lire en anglais m’aiderait à perfectionner mon anglais en vue des concours de l’année prochaine (on se rassure comme on peut).

Harry_Potter_and_the_Philosopher's_Stone_Book_Cover

La couverture résume bien l’attitude d’Harry tout au long de la saga (huh?)

J’avais lu Harry Potter and the Philosopher’s stone avec difficulté. Le début, lorsqu’Harry est chez les Dursley, qu’il reçoit les innombrables courriers, qu’Hagrid l’emmène à Hogwarts, est très long. J’avais eu beaucoup de mal à rentrer dedans et je trouvais l’ensemble ennuyeux. Puis, peu à peu, je m’étais laissé prendre au jeu, charmé notamment par deux personnages qui deviendront mes préférés tout au long de la saga : Hermione et Snape. L’intrigue est bien mené et le suspense bien entretenu. Découvrir que Quirell est finalement le bad guy, contrôlé par Voldemort, est une surprise. Sur ma lancée, j’entamai la lecture du deuxième tome. il se produisit la même chose que le tome précédent. je trouvai la première partie ennuyeuse, sans intérêt (Dobby, the Burrow, la voiture volante…). J’hésitai à poursuivre. Puis, je m’accrochai et lorsque l’intrigue débuta réellement (Enemies of the heir, beware !), je ne pus lâcher le livre de mes mains. En décembre 2005, j’avais lu les six premiers tomes (j’avais alterné avec d’autres lectures), attendant impatiemment que le dernier tome sorte (ce fut chose faite en juillet 2007 souvenez-vous).

Quel bilan pour la relecture ?

La relecture des deux premiers tomes n’a pas modifié significativement mon opinion. J’ai à nouveau trouvé très pénible les débuts des deux livres, ennuyeux et d’un ton particulièrement enfantin, qui, lorsqu’on connaît la suite, ne se prête pas forcément à l’ambition de la saga. Deux points ont en revanche retenu mon attention : la crédibilité de l’intrigue et la construction de celle-ci.

on a beaucoup de mal à croire que ni Dumbledore, ni McGonagall, ni Snape (pour ne citer qu’eux) ne parviennent à déterminer où se situe la chambre des secrets et neutraliser le Basilique

Concernant la crédibilité de l’intrigue, j’ai surtout été déçue par celle de Harry Potter and the Chamber of Secrets. L’intrigue en elle-même est bien menée et efficace, mais on a beaucoup de mal à croire que ni Dumbledore, ni McGonagall, ni Snape (pour ne citer qu’eux) ne parviennent à déterminer où se situe la chambre des secrets et neutraliser le Basilique. C’est d’autant plus incohérent qu’ils sont censés être les sorciers les plus puissants et qu’ils ne font rien de particulier pour protéger les étudiants d’Hogwarts.

snape

Feu Alan Rickman, qui a magnifiquement interprété Snape

A propos de la construction de l’intrigue, on remarque assez aisément que les livres suivent toujours la même structure (sauf peut-être le dernier tome, ce qui explique en partie pourquoi ce livre est un tel naufrage) et en relisant les premiers tomes, j’ai été frappé de voir que dès les deux premiers volumes, J.K Rowling applique la même formule. On tout d’abord a une première partie assez longue (un quart du livre environ) qui introduit généralement un nouvel élément de l’univers. Ensuite J.K Rowling, sur une grosse moitié, déroule l’intrigue et introduit quelques événements et rebondissements tout en laissant ci et là des indices clés à la résolution finale, quitte à ce que cela soit un peu ennuyeux par moments. Puis, durant le dernier quart ou dernier cinquième, tout s’accélère. Les intrigues secondaires convergent avec l’intrigue principale et l’action atteint son acmé, le tout de manière habile et rythmée. Il y a quelques pages de conclusion et c’est terminé. 

HP jeune

Daniel Radcliffe, quand il jouait bien et qu’il incarnait véritablement Harry Potter… (soupirs)

On retrouve également dès les premiers tomes les attributs de chacun des personnages. Hermione, en bonne nerd, est celle qui résout toutes les énigmes. Harry se contente d’être célèbre, d’être gentil et de se montrer courageux (ou stupide selon les circonstances) et fait avancer malgré lui l’intrigue. Ron est là pour mettre l’ambiance. Comme son ami Harry, il n’est pas bien malin (et en plus il est roux et pauvre), mais il est marrant. Et puis, il y a les Weasley aussi qui servent de famille d’adoption à Harry (et j’ai été surpris lors de cette relecture de constater que J.K Rowling avait en réalité dès le début planifié que Ginny et Harry finissent ensemble). Dans l’ombre, Snape et Dumbledore font le vrai boulot et surveillent le retour de You-Know-Who (enfin dans les deux premiers tomes, on a de sérieux doutes, surtout pour Dumbledore, sans doute trop préoccupé à courir le gueux, et Hermione n’a pas à rougir puisque c’est elle qui, dès la moitié de l’année, a compris qu’un Basilique traînait dans les parages).

De manière un peu provocatrice, on pourrait dire que J.K Rowling s’est contentée d’écrire le même livre tout au long de la série

Conclusion

Au final, cette relecture fut assez plaisante, assez semblable à ma lecture initiale. Ma véritable surprise fut de constater combien les deux premiers tomes, bien qu’ils soient très courts, sont semblables dans leur structure et dans leur rythme aux tomes suivants. Ils fixent les canons de la saga. De manière un peu provocatrice, on pourrait dire que J.K Rowling s’est contentée d’écrire le même livre tout au long de la série, de broder autour de sa structure et de ses personnages et de faire progresser l’intrigue générale (le combat entre Harry et Voldemort) par pallier.

La suite ? Harry Potter and the prisoner of Azkaban, on entrera alors dans le cœur du sujet, the real deal baby. 

25 Mar 2016

Salon du livre 2016 : l’autoédition entre consécration et polémique

Comme les deux précédentes années, je me suis rendu au Salon du Livre (étrangement rebaptisé Livre Paris). L’autoédition a été à l’honneur avec de nombreux événements et débats organisées autour de celle-ci. Amazon/Kindle a été très présent en organisant plusieurs speed-dating et tables rondes, attirant de nombreux auteurs et curieux. Le géant du Net a de plus profité de l’événement pour annoncer le lancement d’un nouveau concours en partenariat avec TV5 et ayant pour parrain Guillaume Durand (tous les détails ici).

Amazon toujours plus fort

La puissance d’Amazon et sa capacité à porter l’autoédition sur le devant de la scène ne sont plus à prouver mais je reste impressionné de voir que la firme de Jeff Bezos réussit à faire entrer, peu à peu, l’autoédition dans une nouvelle dimension et à lui donner une place prépondérante. L’autoédition a également bénéficié d’une couverture médiatique importante, atteignant par la même un niveau jamais atteint auparavant. Les médias généralistes, le JT de France 2 du vendredi 18 mars en tête (voir ici, à partir de la 33eme minute), se sont penché sur ce phénomène qui ne peut plus être ignoré.

De belles victoires pour l’autoédition et les auteurs indépendants ? Incontestablement. Cependant, deux polémiques ont éclaté sitôt le Salon terminé.

La première, moins importante, concerne le concours Amazon évoqué précédemment. Une société française, Les Éditions du Net, portent plainte pour plagiat. Je n’entre pas dans le détail de la polémique, je vous renvoie à l’article suivant.

La déclaration de guerre d’Augustin Trapenard

La seconde, beaucoup plus virulente, est très révélatrice de l’importance prise par l’autoédition et le regard porté sur elle. Elle a éclaté lundi matin, lorsque de nombreux auteurs indépendants ont découvert la chronique d’Augustin Trapenard vendredi 18 mars dans le Grand Journal (vous pouvez voir la chronique ici).

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De nombreux auteurs, dont Amélie Antoine, la lauréate du prix Amazon de l’année dernière, ont réagi vivement à cette chronique (voir ici son post Facebook). D’autres ont directement interpellé Augustin Trapenard sur Twitter, qui a accepté de répondre (ce qui est plutôt honorable de sa part). Je pense que le chroniqueur de Canal Plus n’était pas très inspiré et visiblement, il ne connait pas bien l’autoédition. Ses propos manquaient de précision et comportaient des généralités et des clichés. Cependant, j’ai été tout autant étonné par la réaction des auteurs autoédités car leur virulence était selon moi disproportionnée par rapport au « crime » d’Augustin Trapenard. Au-delà des généralités et approximations de son discours, il a tout à fait le droit de se montrer critique et de préférer le modèle traditionnel d’édition.

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Photo de Gianfranco Blanco (CC-BY-ND)

Polémique ou reconnaissance ?

A l’occasion de cette polémique, un article que j’avais écrit il y a presque un an a été republié sur Facebook. Il s’agit de : « Pourquoi les livres autoédités sont-ils mauvais ?« . A l’époque, cet article avait fait battre tous les records de fréquentation de mon blog. J’ignore qui a exhumé l’article mais à nouveau, il a fait battre le record de fréquentation avec plus de 650 visiteurs uniques le lundi 21 mars (j’ignore qui a mis en avant mon article sur Facebook, si vous le savez, cela m’intéresserait d’avoir l’information).

A ceux qui sont inquiets de voir l’autoédition attaquée et victime des polémiques, qu’ils se rassurent. D’une part, la polémique fait de la publicité à l’autoédition et d’autre part, elle la place au cœur du débat. Quant à savoir si la polémique peut porter un sérieux préjudice à l’autoédition, je pense, sans l’ombre d’un doute, que cela la renforce au contraire. Car après tout, la polémique n’est-elle pas une forme de reconnaissance ?

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